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La directive PSD2 ouvre la porte à la 'banque ouverte'

Repensons la banque

KPMG
Repensons la banque

La nouvelle directive européenne baptisée Payment Services Directive (PSD2) est bien plus qu’une simple réglementation. Elle modifie la place que les banques occupent dans le monde. Il s’agit d’une véritable révolution dans le monde bancaire.

'L’importance de la directive PSD2 dépasse largement le simple règlement des paiements', prévient Filip Weynants, spécialisé en Regulatory Compliance & Transformation pour le secteur financier chez KPMG. 'Ces nouvelles règles obligent les banques à donner accès à des tiers aux comptes de paiement de leurs clients. Ces entreprises pourront alors initier des paiements et – plus important encore – collecter des données. On peut parler de véritable révolution, car jusqu’à présent, les banques étaient plutôt fermées et conservaient jalousement les données de leurs clients.'

Meilleure protection des consommateurs

Isabelle Blomme, associée au sein du cabinet d’avocats K Law et experte en droit bancaire et financier, renchérit : 'l’objectif de la PSD2 est d’aboutir à un marché unique pour les services de paiement au sein de l’Union européenne. Concrètement, cela se fera de deux manières. D’une part, le marché des paiements s’ouvrira à de nouveaux acteurs, à savoir les AISP (Account Information Service Providers, les opérateurs qui proposeront des informations sur les comptes des clients) et les PISP (Payment Initiation Service Providers, les prestataires qui pourront initier des transactions de paiement). En outre, la directive PSD2 apportera davantage de protection aux consommateurs.'

Isabelle Blomme, Associée chez K Law

Isabelle Blomme, Associée chez K Law

Cela signifie que tous devront accorder une attention accrue à la sécurité des paiements et à la protection des données privées. Mais ces exigences auront aussi pour conséquence la diminution ou la suppression de certains frais, par exemple, ceux à l’utilisation d’une carte de paiement.

L’objectif de la PSD2 est la création d’un marché unique pour les services de paiement au sein de l’Union européenne.- Isabelle Blomme, Associée chez K Law

La directive européenne doit être transposée dans toutes les législations nationales par tous les pays membres. En Belgique, cette traduction se fera en deux étapes. 'Une première loi sur le statut des institutions de paiement a été votée le 11 mars 2018', précise Isabelle Blomme. 'Elle détermine notamment les étapes à franchir si une institution veut obtenir le statut d’AISP ou de PISP. Une seconde loi fixera les règles de conduite des entreprises en matière de transactions de paiements et de protection des consommateurs.' À l’heure actuelle, il n’existe qu’un avant-projet pour cette loi, approuvé par le Conseil des ministres. Néanmoins l’avocate estime que la loi sera votée avant les vacances d’été.

Banque ouverte

Grâce à la PSD2, le marché européen des paiements évolue vers le concept de 'banque ouverte', c’est-à-dire un marché financier fortement numérisé où de nombreux acteurs pourront proposer leurs services aux côtés des banques. Qui sont ces acteurs ? Filip Weynants évoque notamment les grandes entreprises technologiques qui disposent déjà d’une plateforme auxquelles sont connectées des milliards de personnes. Grâce à la PSD2, elles développeront ainsi des activités dans le secteur des paiements et accèderont aux données financières de clients potentiels. 'C’est un moyen très efficace pour approcher les consommateurs grâce au marketing direct.'

Filip Weynants, Directeur Risk Consulting chez KPMG

Filip Weynants, Directeur Risk Consulting chez KPMG

Les deux directives PSD2 et RGPD (le Règlement général sur la protection des données, qui entrera en vigueur en mai prochain) doivent être considérées comme un tout, juge Isabelle Blomme. 'Les clients devront explicitement donner leur autorisation pour toute transaction de paiement et toute demande de données concernant leurs comptes bancaires', détaille l’avocate. 'De plus, les entreprises ne seront autorisées à utiliser ces données que pour ce seul objectif. L’exploitation des données à d’autres fins ne sera permise que moyennant le consentement explicite des consommateurs, et uniquement dans les limites fixées par le RGPD.'

Les grandes sociétés technologiques ne sont pas seules sur le marché. On trouve aussi de petites fintechs, des start-up misant sur des marchés de niche du secteur financier. 'Ces fintechs sont généralement trop petites pour développer une offre de services financiers comparable à celle des banques', poursuit Filip Weynants. 'Mais la situation pourrait évoluer si elles s’associaient afin de créer une plateforme commune. La combinaison de plusieurs de ces sociétés capables d’offrir une excellente expérience client dans leur spécialité serait en mesure d’apporter une réponse à de nombreux problèmes financiers rencontrés par les consommateurs.'

Nombreuses opportunités pour les banques traditionnelles

Qu’en est-il des banques ? 'Elles sont loin de représenter des 'cibles faciles', poursuit Filip Weynants. “La banque ouverte augmente la concurrence, certes, mais ce n’est pas nécessairement négatif pour les banques. Les opportunités sont nombreuses.' Les banques pourront conclure des partenariats avec les petites fintechs et proposer des produits innovants, mais également utiliser les grandes plateformes afin de commercialiser leurs propres produits et services.

On peut parler de véritable révolution, car jusqu’à présent, les banques conservaient jalousement les données de leurs clients.- Filip Weynants, Directeur Risk Consulting chez KPMG

Même si les banques continuent d’incarner la confiance pour les consommateurs, elles font aujourd’hui face à deux défis. Elles doivent mettre leur technologie à jour afin d’offrir une expérience client fluide, à l’instar des fintechs. 'Mais il y a également un aspect psychologique important', complète l’expert. 'Au lieu de cadenasser leurs données, elles doivent ouvrir leurs plateformes et conclure des partenariats. Bien sûr, elles respecteront les changements législatifs et technologiques. Reste que la relation avec les clients sera la pierre angulaire de leur succès. Leur culture devra évoluer.'

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