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Matérialisez l’impact du Brexit grâce à l’analyse des données

Repensons le paysage européen

KPMG
Repensons le paysage européen

Le Brexit continue de générer de nombreuses incertitudes, mais la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, prévue pour le 29 mars, aura un impact sur de nombreuses entreprises belges. Jeroen Gobbin, associé et responsable du groupe de travail sur le Brexit chez KPMG, déclare: 'Le Brexit commence à ressembler de plus en plus à un voyage réservé à l’aéroport à la dernière minute et dont la destination est inconnue. Que nous partions est une évidence, mais nous ne savons pas encore où aller. Il faut dès lors s’assurer d’avoir dans nos valises ce qui convient à la plage et au soleil ou à la montagne et à la neige.'

Jeroen Gobbin est responsable du groupe de travail sur le Brexit chez KPMG: 'Immédiatement après le référendum de 2016, nous avons réuni des experts de nos différents services – fiscalité, fusions & acquisitions, gestion des risques, services de mobilité globale, et le cabinet d’avocats K law – afin de prendre la balle au bond.

Jeroen Gobbin, Associé Conseils Fiscaux et Juridiques, Responsable du groupe de travail Brexit chez KPMG

Jeroen Gobbin, Associé Conseils Fiscaux et Juridiques, Responsable du groupe de travail Brexit chez KPMG

L’accord de séparation, conclu entre l’UE et le Royaume-Uni en novembre dernier, mais qui doit encore être approuvé par le Parlement, décrit la manière dont nous allons nous séparer. Concrètement, cela signifie que les Britanniques doivent s’acquitter de leurs obligations financières précédemment convenues, cela règle ce qu’il advient des droits des Européens résidant au Royaume-Uni, et inversement, et il est prévu une période de transition (renouvelable une fois) jusqu’au 31 décembre 2020. Afin d’empêcher le retour d’une frontière physique entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande, une ultime solution d’urgence a été prévue, le 'backstop'.

Jeroen Gobbin: 'L’accord de séparation en soi ne dit rien au sujet des relations futures entre l’Europe et le Royaume-Uni, ce qui est à l’évidence le point le plus crucial à long terme pour les entreprises. Au cours de la période de transition, qui commence à partir du 29 mars, il y a, au premier abord, peu de changements pour les entreprises. Cette période d’une durée de moins de deux ans est cruciale pour négocier et conclure un accord commercial global entre le Royaume-Uni et l’UE. Des négociations similaires sur des accords, tels que ceux passés entre l’UE et le Japon ou entre l’UE et le Canada (CETA), nous apprennent que celles-ci peuvent être très serrées.'

'Commercer avec le Royaume-Uni équivaudra alors à commercer avec un pays étranger. Aucun droit d’importation ne sera perçu, mais il y aura des formalités et des contrôles à la frontière, comme c’est actuellement le cas par exemple entre l’UE et la Turquie'- Steve De Poorter, Cadre supérieur Advisory, Gestion de la chaîne logistique (Supply chain management) chez KPMG

Divers scénarios

'Nos entreprises ont beaucoup à gagner d’une période de transition pouvant être ou non renouvelée', déclare Steve De Poorter, responsable de la gestion de la chaîne d’approvisionnement chez KPMG: 'Le commerce demeure quasi sans heurts, les camions peuvent continuer à rouler sans déclaration, inspection et contrôle à leur arrivée au port.' Si un accord de libre-échange n’a pas été conclu à la fin de la période de transition initiale ou prolongée, le 'backstop' prendra effet. L’Irlande du Nord continuera à faire partie du marché unique et le reste du Royaume-Uni sera relié à l’UE par une union douanière. 'Commercer avec le Royaume-Uni équivaudra alors à commercer avec un pays étranger. Aucun droit d’importation ne sera perçu, mais il y aura des formalités et des contrôles à la frontière, comme c’est actuellement le cas par exemple entre l’UE et la Turquie', poursuit Steve De Poorter. Les entreprises devront donc être en mesure de gérer ces formalités douanières et pourront recevoir les meilleurs conseils d’experts dans ce domaine.

Le point délicat de ce scénario, c’est qu’il s’applique uniquement aux biens et non aux services. C’est pourquoi, après le 29 mars 2019, il sera nécessaire de continuer à travailler sur un accord commercial global. Jeroen Gobbin: 'Il est difficile de déterminer à l’heure actuelle à quoi cela ressemblera exactement, car il n’y a à ce sujet qu’une déclaration politique, les véritables négociations doivent encore être entamées. En tout état de cause, un accord de libre-échange ambitieux est préférable à un scénario 'no deal', mais des droits à l’importation pourraient encore être imposés si l’origine de certains produits ne peut pas ou suffisamment pas être démontrée sur la base des règles dites 'd’origine'.'

Jeroen Gobbin, Associé Conseils Fiscaux et Juridiques, Responsable du groupe de travail Brexit chez KPMG

Jeroen Gobbin, Associé Conseils Fiscaux et Juridiques, Responsable du groupe de travail Brexit chez KPMG

Mesurer l’impact et les coûts avec l’analyse des données

Le scénario qui tue, le 'no-deal', selon lequel les échanges entre le Royaume-Uni et l’UE reposeraient sur les règles de l’Organisation mondiale du commerce, est évidemment le scénario le moins favorable. Steve De Poorter: 'Outre les droits d’importation, cela poserait également de nombreux problèmes d’organisation et de logistique, tels que des embouteillages aux points de passage des frontières et des ports. C’est le scénario que personne ne souhaite, mais auquel on est pourtant le mieux préparé. '

À cette fin, KPMG a développé une analyse simplifiée des données offrant aux entreprises une première indication de la mesure dans laquelle elles sont exposées aux conséquences du Brexit. Lors d’une étape suivante, KPMG peut – à l’aide de l’analyse de données sur des ensembles de données accessibles au public et sur vos propres données – calculer en détail et déterminer les coûts d’un flux de marchandises dans chacun des différents scénarios. Jeroen Gobbin: 'Par exemple, à l’aide de notre outil de D & A, nous pouvons estimer les droits de douane supplémentaires pour un produit spécifique dans chacun des scénarios. Les coûts pour un produit donné seront peut-être énormes, ce qui vous permettra de vous concentrer de préférence sur l’exportation d’un autre produit ou même de savoir que l’ouverture d’une succursale locale au Royaume-Uni constitue une meilleure option.' KPMG peut superviser l’ensemble de la chaîne logistique, de la gestion et de l’emplacement des entrepôts, des exigences logistiques et des achats et approvisionnements, jusqu’aux contrats avec les fournisseurs et les clients.

'A l’aide de notre outil de D & A, nous pouvons estimer les droits de douane supplémentaires pour un produit spécifique dans chacun des scénarios'- Jeroen Gobbin, Associé Conseils Fiscaux et Juridiques, Responsable du groupe de travail Brexit chez KPMG

N’oublions pas l’impact sur les employés

La mobilité plus complexe aura assurément un impact important sur les entreprises. Nele Godefroid est directrice des Services de mobilité globale au sein de KPMG. Elle assiste les entreprises et les employés par ses conseils en matière de fiscalité, de sécurité sociale et d’immigration: 'Après le 29 mars, il semble que les Européens et les Britanniques se considéreront, à la frontière, comme des ressortissants d’un pays tiers. Cela signifie de la paperasse supplémentaire et un délai plus long pour engager quelqu’un venant du Royaume-Uni. Avez-vous des employés des deux côtés de la Manche? Voyez si vous devez prendre des mesures pour garantir leur statut d’immigration et/ou leur assurance sociale.. Nous avons l’expérience nécessaire pour aider les entreprises dans ce domaine : une grande partie de nos clients est déjà composée de ressortissants de pays tiers.'

'Avez-vous des employés des deux côtés de la Manche? Voyez si vous devez prendre des mesures pour garantir leur statut d’immigration et/ou leur assurance sociale'- Nele Godefroid, Directrice Conseils Fiscaux et Juridiques, Service de mobilité globale chez KPMG

Selon Nele Godefroid, l’enjeu va bien au-delà des procédures et des formalités. 'Il y a, sur le marché du travail, certains engorgements et certaines pénuries qui rendent la migration économique nécessaire. Nous espérons que les négociateurs qui travaillent sur les relations futures entre le Royaume-Uni et l’Union européenne y penseront. Il faut tenir compte non seulement de la situation politique, mais également de la réalité du marché du travail des deux côtés de la Manche.'

Comment, en tant que chef d’entreprise, pouvez-vous vous préparer au Brexit ? Quel que soit le scénario qui suivra, il est prudent de prendre les mesures « sans regret » suivantes.

  • Vous n’avez aucune expérience avec le dédouanement ? Pensez à trouver un partenaire qui peut régler cela pour vous.
  • Êtes-vous fournisseur ? Il vous faut établir des accords sur les responsabilités de chacun pour l’importation et l’exportation. Ajoutez également des conditions résolutoires à vos conditions de livraison.
  • Êtes-vous client ? Cela vaut également pour vous : établissez des accords sur la manière dont vous recevrez les marchandises et sur les tâches que vous souhaitez effectuer vous-même au cours du processus.
  • Examinez dans quelle mesure vous dépendez financièrement de clients britanniques. Essayez de diversifier votre portefeuille de clients si les clients britanniques constituent une grande partie à risque de votre portefeuille.
  • Voyez si vous devez constituer stratégiquement des stocks de matières premières provenant du Royaume-Uni, afin de pouvoir livrer à temps.
  • Avez-vous des employés des deux côtés de la Manche ? Voyez si vous devez prendre des mesures pour garantir leur statut d’immigration et/ou leur assurance sociale.
  • Découvrez dans quelle mesure vous êtes prêt pour le Brexit à l’aide du « quick scan » développé par KPMG.

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‘Les connaissances informatiques des administrateurs sont souvent insuffisantes. Il est pourtant légitime d’attendre des administrateurs qu’ils soient en mesure de comprendre les enjeux de la technologie pour leur organisation. Nous avons grand besoin d’administrateurs technophiles !’